La Roche Bernaude
Belle course d'alpinisme cotée PD-, rejoindre la Roche Bernaude par son arête Nord est un itinéraire techniquement accessible à tous, mais qui nécessite d'être très à l'aise lorsque l'on évolue juste au-dessus du vide. Faux pas interdit !
Première approche
Au départ du parking du Lavoir, au Sud de la station de Valfréjus, on commencera par monter au Col de Vallée Etroite, avant de quitter le chemin pour monter par la face Nord-Ouest de la Roche Bernaude et ainsi rejoindre le col sans nom à 2977 m, au Nord de notre sommet. On rejoindra alors ce dernier par l'arête Nord, par une portion d'alpinisme cotée PD-. On redescendra ensuite par le versant Ouest, qui après un passage délicat, nous ramènera sur le versant Nord-Ouest. On rentrera alors par le Col de Fontaine Froide, puis le hameau de Fontaine Froide, avant de revenir au Lavoir.
La Roche Bernaude, vue depuis le Mont Thabor.
Itinéraire à suivre
Pour ceux qui viennent depuis Valloire, il y a un peu de route : descendre le Col du Télégraphe, aller à Modane et remonter à la station de Valfréjus. Le parking du Lavoir se trouve alors au fond de la vallée, accessible par une piste carrossable qui peut être empruntée par n'importe quelle voiture. Une fois au parking, on commence alors notre itinéraire en suivant la piste qui part en direction de la Loza et du Col de la Vallée Etroite.
La parking du Lavoir et la piste qui part en direction du Col de la Vallée Etroite.
La piste monte et après quelque lacets, on arrive à la Loza (ou Losa, tout dépend des sources ...), où se trouve une bifurcation à laquelle il faut prendre sur la gauche, toujours en direction du Col de la Vallée Etroite (le chemin de droite va à la Pointe des Sarrasins). La piste arrive alors rapidement à la Levette, puis on atteint une autre bifurcation. Au niveau de cette dernière, les deux options vont au Col de la Vallée Etroite, en prenant à peu près le même temps et en demandant à peu près le même effort. Nous avons choisi le chemin de droite, sans raison particulière. On passe ainsi à la Replanette avant d'arriver au carrefour de la Grande Montagne, juste avant le Col de la Vallée Etroite, qui se trouve à peine quelques centaines de mètres derrière.
Arrivée à la bifurcation de la Losa (où il faut prendre à gauche).
Passage à la Levette.
Passage à la Replanette. Au fond, on voit le Col de la Vallée Etroite.
En arrivant au Col de la Vallée Etroite, on découvre le petit lac qui s'y cache.
Arrivée au Col de la Vallée Etroite.
On passe alors de l'autre côté du Col de la Vallée Etroite, tout en découvrant le versant Nord-Ouest de la Roche Bernaude. Après une rapide descente sur le chemin, on le quitte pour attaquer l'ascension à proprement parler. Il faut profiter de bien voir la Roche Bernaude pour repérer l'itinéraire de la montée et de la descente. Ca sera ainsi plus facile une fois dans les difficultés.
La Roche Bernaude, vue depuis le Col de la Vallée Etroite.
Repérage de l'itinéraire. En rouge, les portions faciles, en jaune les portions délicates. On commence par rejoindre le pied de la face Nord-Ouest, puis on remonte celle-ci au mieux en direction du col sans nom à 2977 m. Avant ce dernier, le seul passage un peu embêtant est un couloir qui est un peu raide. On attaque alors l'arête Nord de la Roche Bernaude (chute interdite !!!), puis une fois à l'antécime, le sommet s'atteint sans problème. Pour redescendre on revient entre le sommet et l'antécime, puis on descend un peu le versant Ouest pour aller le traverser et rejoindre le versant Nord-Ouest. Cette traversée est un peu délicate également. Avant de revenir sur le versant Nord-Ouest, on descend par un couloir très incliné (un peu plus de 40°), puis les difficultés sont finies.
Après avoir pris connaissance de ce qui nous attend, on remonte la face Nord-Ouest de la Roche Bernaude par le large couloir assez peu pentu sur la droite de la face. Au départ, il y a de petits gradins qui se remontent très facilement, puis on passe par le centre de couloir qui est plus facile à remonter en début de saison, lorsqu'il est encore en neige. Vers 2850 m, on arrive à un replat où il faut se diriger vers l'éboulis qui est sur la droite d'une barre rocheuse et le remonter (c'est lui qui est un peu raide), pour ainsi arriver au replat sous le col à 2977 m. Il ne reste alors plus qu'à rejoindre ce dernier pour arriver au pied de l'arête Nord de la Roche Bernaude.
Arrivée au pied du couloir de la face Nord-Ouest de la Roche Bernaude.
Le début de la montée du couloir de la face Nord-Ouest de la Roche Bernaude.
Arrivée au replat vers 2850 m. Il faut aller remonter l'éboulis (raide) sur la gauche de la photo.
Arrivée en haut de l'éboulis.
Le replat sous le col sans nom à 2977 m.
Arrivée au col sans nom à 2977 m et vue sur l'arête Nord de la Roche Bernaude.
Une fois au col à 2977 m, c'est là que les choses sérieuses commencent (c'est là que ça devient intéressant en gros :) ). Un casque peut être utile pour se protéger des chutes de pierres. Au départ, on passe quelques éboulis du côté Ouest de l'arête. Ensuite, il faut suivre le fil de l'arête (qui sert de frontière entre la France et l'Italie), des bribes de traces permettant de voir que l'on est bien où il faut. L'environnement est très aérien par moments, mais à part un pas de II où il ne faut (vraiment) pas se manquer, il faut être honnête : l'arête ne présente pas vraiment de difficulté technique. La majorité du dénivelé restant se fait dans la première partie de l'arête, ensuite on progresse plutôt à plat. Sur la fin on arrive à un drôle de replat qui donnerait presque envie d'y installer une tente, puis on atteint l'antécime de la Roche Bernaude. Depuis cette dernière (où se trouve une plaque indiquant le point le plus à l'Ouest d'Italie), le sommet s'atteint alors très rapidement et sans la moindre difficulté.
Début de l'arête Nord de la Roche Bernaude, en versant Ouest, dans des éboulis.
Les éboulis à remonter, avant que l'itinéraire ne rejoigne le fil de l'arête.
Sur le fil de l'arête Nord de la Roche Bernaude. Le pas de II se situe sur le rocher le plus à droite de la photo. A cet endroit, interdiction de glisser / tomber ...
La partie plus horizontale de l'arête Nord de la Roche Bernaude.
Arrivée à l'antécime de la Roche Bernaude. Juste en dessous (un peu sur la droite), on voit l'étrange replat sur l'arête. Au fond à gauche, on voit le sommet de la Roche Bernaude.
La Roche Bernaude, vue depuis son antécime.
La plaque au sommet de l'antécime de la Roche Bernaude, indiquant le point le plus à l'Ouest d'Italie.
Entre l'antécime et le sommet de la Roche Bernaude.
Arrivée au sommet de la Roche Bernaude.
Nous voilà à 3222 m d'altitude, sur le second plus haut sommet du Massif des Cerces (derrière le Grand Galibier), à la frontière entre la France et l'Italie. Comme d'habitude depuis un sommet, voici un petit tout d'horizon photographique (de la gauche vers la droite). Passez votre souris sur le nom d'une montagne dans la description d'une photo pour la voir entourée sur la photo correspondante.
On commence en direction du Nord, avec le Signal des Sarrasins et la Pointe des Sarrasins à gauche et le Massif de la Vanoise au fond.
Un peu plus sur la droite, on voit la partie haute de la Vallée de la Maurienne au fond à gauche, avec le Massif du Grand Paradis qui se cache dans les nuages tout au fond. Au centre, on voit l'Aiguille de Scolette.
On voit maintenant une partie du domaine skiable de Bardonecchia.
Sur la ligne d'horizon, on a le Mont Chaberton, le Pic de Rochebrune et le Massif d'Escreins difficilement visible dans les nuages. Le Mont Viso est quant à lui caché dans les nuages, au centre.
Au fond à droite, on a le Massif des Ecrins et juste en dessous on devine le Pic Ombière. En bas à gauche, on a également le Col des Thures.
Quelques zooms sur les sommets des photos précédentes. Sur la première ligne, on a la Pointe des Sarrasins. Sur la deuxième ligne à gauche, on a le Col de la Vallée Etroite, par lequel on est arrivé (on le voit sur la dernière photo du tour d'horizon). Au milieu, on voit le Grand Paradis (4061 m, point culminant du Massif du Grand Paradis) dans les nuages. A gauche, on a l'Aiguille de Scolette. Sur la dernière ligne, on a, à gauche, le Mont Chaberton, en deuxième position le Pic de Rochebrune (3321 m, point culminant du Massif du Queyras), en troisième position les Pics de la Font Sancte (3385 m, point culminant du Massif d'Escreins) et en dernière position, le Col des Thures.
Au fond, on a encore le Massif des Ecrins dans les nuages. Juste en dessous, de gauche à droite, on a la Tête de la Cassille, les Pics de Combeynot, le Pic de la Moulinière, la Pointe des Cerces, le Rocher de la Grande Tempête, les Pointes d'Orient et la Roche Château.
On voit maintenant le mythique Mont Thabor, le Pic du Thabor, la Pointe de Terre Rouge et la Roche Noire.
Enfin, on complète le panorama avec le Col des Marches, la Pointe de la Sandonière et le Grand Perron des Encombres, avant de revenir au sommets vus au début du tour d'horizon. En bas à gauche, on voit également le Col de la Vallée Etroite, par lequel on est arrivé.
Quelques zooms sur les sommets des photos précédentes. Sur la première ligne, de gauche à droite, on a le Col des Béraudes, le Pic de la Moulinière, la Pointe des Cerces et le Rocher de la Grande Tempête au premier plan. Sur la deuxième ligne, à gauche, on a le Pic Ombière. Au centre, on a la Tête de la Cassille. A droite, on a la Montagne des Agneaux. Enfin, sur la dernière ligne, on a les Pointes d'Orient, le Pas de la Sétaz Vieille et la Roche Château.
Encore quelques zooms sur les sommets des photos précédentes. En haut on a Mont Thabor (et sa chapelle), le Pic du Thabor et la Pointe de Terre Rouge. Sur la deuxième ligne, on a le Col des Marches et la Pointe de la Sandonière. En bas à gauche, on retrouve la Roche Noire. Enfin, en bas à droite, on a le Grand Perron des Encombres.
On finit avec une photo panoramique à 360° depuis le sommet. Pour la voir en haute définition, clic droit puis "Afficher l'image", puis cliquez dessus pour la zoomer.
Après un bon repas au sommet et après en avoir pris plein la vue depuis ce que l'on pourrait qualifier de meilleur balcon sur le Mont Thabor, on attaque la redescente. Pour cela on revient au col entre la Roche Bernaude et son antécime, puis on descend sur la gauche, dans la face Ouest. Avant d'arriver à la falaise, quand la pente sur la droite rend possible la traversée du versant (vers 3050 m), on se réoriente vers le Nord. On traverse ainsi le versant par un couloir assez délicat, et on arrive sur une épaule vers 3000 m d'altitude. Le couloir avant l'épaule, s'il est en neige, est plus facile à traverser avec un piolet et des crampons.
Un étrange personnage, qui semblait attendre son bus en haut de la Roche Bernaude. La légende raconte qu'il attend toujours ...
Départ du sommet de la Roche Bernaude.
Retour au col entre la Roche Bernaude et son antécime. Au col, il faut descendre la pente sur la gauche.
Descente du versant Ouest de la Roche Bernaude.
Le Massif des Ecrins qui est sorti des nuages lors de notre redescente. Au centre, on voit la Barre des Ecrins (4102 m, point culminant du massif).
Vers 3050 m, on tourne sur la droite, pour traverser le versant Ouest de la Roche Bernaude.
Arrivée au couloir du versant Ouest. Il faut rejoindre l'épaule rocheuse, juste à gauche du centre de la photo. Le couloir à traverser est au premier plan, pas visible dans son intégralité.
Pour traverser le couloir, nous avons choisi de descendre un peu dedans et de remonter en face, plutôt que de chausser les crampons et de traverser en haut de ce dernier. Il aurait sans doute été plus sage de faire comme ça ...
Désescalade dans le couloir de la face Ouest.
Arrivée sur l'épaule rocheuse à 3000 m d'altitude.
Une fois sur l'épaule rocheuse (après quelques galères pour nous ...), il ne reste plus qu'à redescendre un couloir très incliné (un peu plus de 40°), dans lequel rien ne tient. Ca parpine sec ! En bas de ce petit couloir, on rejoint ainsi la face Nord-Ouest par laquelle on est monté.
Le haut du couloir de l'épaule rocheuse, qui ramène sur le versant Nord-Ouest de la Roche Bernaude.
Descente du couloir qui ramène sur le versant Nord-Ouest de la Roche Bernaude. On voit bien que pas grand chose ne tient. On voit également toutes les pierres que nous avons fait partir sur la neige, rien qu'en faisant quelques pas dans le couloir. Il faut bien faire attention et y aller chacun son tour, pour ne pas s'envoyer de pierres dessus.
Il suffit ensuite de redescendre le versant Nord-Ouest de la Roche Bernaude par le même itinéraire qu'à la montée. En arrivant aux gradins rocheux en bas du versant, plutôt que de revenir sur le chemin, on va sur la droite, pour rejoindre le Col de Fontaine Froide. On rentrera ainsi par un autre itinéraire qu'à l'aller.
Redescente du versant Nord-Ouest de la Roche Bernaude.
Sur les fesses, ça va plus vite ...
Retour en bas du versant Nord-Ouest de la Roche Bernaude. On devine le chemin qui revient au Col de la Vallée Etroite (par lequel on ne va pas passer au retour).
En se tournant un peu plus sur la droite, on voit le Col de Fontaine Froide.
Pour rejoindre le Col de Fontaine Froide, on traverse une prairie alpine parsemée de pierres. Après ce que l'on vient de faire, cela ne pose aucun problème.
En direction du Col de Fontaine Froide (on devine un petit poteau qui matérialise le col).
Au col, il y a une ruine et une croix.
Arrivée au Col de Fontaine Froide.
La ruine du Col de Fontaine Froide.
La croix du Col de Fontaine Froide.
Depuis le Col de Fontaine Froide, on descend ensuite dans le petit vallon au Nord, que l'on parcourt en restant au fond, pour ensuite arriver en vue du hameau de Fontaine Froide, en haut d'une pente qui finit sur une falaise. Pour éviter la falaise, on descend par l'éboulis sur la droite, puis on revient sur la gauche pour rejoindre le chemin du fond de la vallée (celui qui va au Col de la Replanette). Juste avant que ce dernier ne se mette à remonter au col, on prend le chemin sur la droite, qui descend directement au hameau de Fontaine Froide.
Descente dans le vallon au Nord du Col de Fontaine Froide.
Arrivée en vue du hameau de Fontaine Froide (juste à gauche du centre de la photo), à la sortie du petit vallon de la photo précédente. En bas de la neige se trouve une barre rocheuse, une fois dans l'herbe, il faut donc passer par l'éboulis que l'on voit sur la droite.
Descente par l'éboulis, à droite des barres rocheuses.
Arrivée sur le chemin qui va au Col de la Replanette (visible en haut), après avoir descendu l'éboulis.
Avant que le chemin principal ne monte au Col de la Replanette, on prend celui de droite, qui descend au hameau de Fontaine Froide.
Arrivée au hameau de Fontaine Froide.
Une fois au hameau de Fontaine Froide, il suffit de suivre la piste qui redescend au Lavoir. Juste après le Praz de Riou, un petit chemin quitte la piste sur la gauche et permet de revenir directement au parking du Lavoir.
La station de pompage du hameau de Fontaine Froide, pour envoyer l'eau du vallon directement dans le Lac de Bissorte (par des canalisations souterraines), de l'autre côté de la Pointe des Sarrasins.
Le petit chemin, qui quitte la piste sur la gauche, juste après le Praz de Riou. En bas à gauche, on voit les toits du Lavoir.
Retour au parking du Lavoir.
Ainsi s'achève ce long itinéraire sur le second plus haut sommet du Massif des Cerces. Cette course d'alpinisme est évidement réservée aux personnes ayant une bonne expérience de la haute montagne et est à déconseiller à celles sensibles au vide. L'itinéraire étant très peu fréquenté, c'est l'occasion de passer une bonne journée loin de la civilisation.
Profil altimétrique
Tracé de la rando
Informations rando
Durée
7h 39min
Distance
18.2 km
Dénivelé
1467 m
Altitude max
3222 m
Altitude min
1905 m
Secteur
Valfréjus
Massif
Cerces
Engagement
Logo Engagement Logo Engagement Logo Engagement Logo Engagement Logo Engagement
Exposition
Logo Engagement Logo Engagement Logo Engagement Logo Engagement Logo Engagement
Niveau physique
Logo Engagement Logo Engagement Logo Engagement Logo Engagement Logo Engagement
En famille
NON
Restrictions
Cet itinéraire est une course d'alpinisme et non une randonnée. Le casque est conseillé, la corde peut être utile pour assurer une personne qui ne serait pas à l'aise. L'arête Nord est très aérienne, la face Ouest est très pentue.
+
-