Le Mont Fuji - 富士山
Emblème du Japon, le Mont Fuji fascine partout à travers le monde. Son ascension qui n'est pas très compliquée, doit tout de même être bien préparée, surtout si l'on envisage de la faire en dehors de la saison officielle. N'oublions pas qu'à 3776 mètres d'altitude, on est en haute montagne.
Plus qu'une montagne, un mythe
Du haut de ses 3776 mètres d'altitude, en plus d'être le point culminant du Japon, le Mont Fuji est un sommet légendaire. Symbole du pays tout entier, son ascension a presque quelque chose de divin. Partout à travers le monde gravir le Mont Fuji fait partie des "grandes choses que l'on aimerait faire dans sa vie". C'est pour cela que quand j'ai eu l'occasion d'aller au Japon, il était absolument hors de question pour moi de passer à côté.
Après avoir commencé mes recherches sur l'ascension de ce sommet, j'ai rapidement découvert qu'il existait une période officielle pour gravir le Mont Fuji et qu'en dehors de celle-ci, son ascension était "interdite". Globalement, la saison officielle va de début Juillet à mi-Septembre. Durant cette période, le Mont Fuji est pris d'assaut, le chemin est bondé et des bouchons se forment avant les passages délicats. Des magasins sont également présents tout au long de l'itinéraire pour vous vendre des choses dont vous n'avez pas besoin. Par contre, hors des dates d'ouverture officielle, l'ascension ressemble beaucoup plus à une randonnée "classique" : de la montagne et du calme. Car oui, le Mont Fuji n'est pas réellement interdit en dehors de la période officielle. Cependant, tout est fait pour que vous ne puissiez pas la faire, à moins d'avoir tout prévu à l'avance.
Au fil de mes recherches sur Internet, j'ai eu du mal à trouver toutes les informations nécessaires et il m'a fallu beaucoup de temps pour tout rassembler. J'écris donc cette page comme un guide pour gravir le Mont Fuji en hors-saison, avec l'itinéraire, mais aussi toutes les informations pratiques pour pouvoir se rendre sur place, avoir le droit de passer au départ, ...
Vous l'aurez donc compris, cette interdiction est extrêmement gênante, mais aux vues de la renommée de cette ascension, sans ce "blocage" du sommet, les accidents seraient sans doute nombreux. Car le gros problème de cette montagne, c'est que son aspect touristique prend le dessus sur tout le reste dans la tête des gens. Ainsi, des personnes pour qui randonner plus de deux heures représente un exploit tel qu'il doit être partagé au plus vite sur Facebook, avec de nombreuses photos dans des poses héroïques, s'attaqueraient au Fuji sans avoir conscience de la difficulté qui les attend. Pourtant, contrairement à ce que j'ai pu lire absolument partout (sauf sur les sites dédiés à la montagne, comme CampToCamp par exemple), le Mont Fuji n'est pas dangereux. Ou du moins, si, il l'est, mais il ne l'est pas plus que n'importe quelle autre montagne. Quel genre de personne tenterait l'ascension du Mont Viso en tongs par temps d'orage ? A 3776 mètres d'altitude, on est en haute-montagne, avec les dangers qui vont avec. Il ne devrait pas être nécessaire de préciser toutes ces choses pour le Fuji ...
Bref, les japonais voulant se couvrir un maximum en cas de problème (et on les comprend), pour pouvoir gravir le Mont Fuji en hors-saison, il faut impérativement remplir et envoyer un formulaire à la police de Yamanashi ou de Shizuoka (en fonction de la voie par laquelle on veut monter). Ce formulaire est disponible sur ce site (partie 2 : "A Climbing Plan must be completed and submitted."). Les instructions d'envoi sont indiquées en bas du formulaire.
Pour arriver au sommet du Mont Fuji, il y a 4 itinéraires principaux : Yoshida Trail, Gotemba Trail, Fujinomiya Trail et Subashiri Trail. Yoshida Trail étant l'itinéraire phare, c'est par celui-ci que je suis passé et c'est donc également celui-ci qui est décrit dans la suite de cette page.
Enfin, avant de passer aux aspects pratiques de "l'avant-rando", je précise qu'avant l'ouverture officielle du Mont Fuji, il peut rester beaucoup de neige sur l'itinéraire. Nous avons réalisé l'ascension le 8 Juin 2016. Nous avions donc prévu tout le matériel nécessaire : chaussures d'alpinisme, pantalon d'alpinisme, crampons et bâtons. Au final les crampons sont restés dans le sac mais il est tout de même préférable de les avoir s'il reste beaucoup de neige. Et je vous vois venir : oui, la moitié de la valise était consacrée au Mont Fuji ! :)
Seuls au sommet du Mont Fuji, un luxe que peu de personnes connaissent.
Se rendre sur place
En tant qu'étranger, vous vous déplacez probablement grâce aux transports en commun. Dans ce cas, l'ascension du Mont Fuji ne s'improvise pas. Deux cas de figure sont possibles : vous tentez l'ascension durant la période officielle (de début Juillet à mi-Septembre) et tout devrait bien se passer, ou, vous vous y prenez en "hors-saison" et là ce sera une autre paire de manches !
Tout d'abord, quelle que soit la saison choisie, si l'on veut réaliser l'ascension par la voie Yoshida (la plus commune), il faut déjà se rendre à la ville de Kawaguchiko. Cette étape ne pose aucun problème : depuis la gare de Shinjuku à Tokyo, il faut se rendre à la gare d'Otsuki, puis depuis Otsuki prendre la ligne qui va à Kawaguchiko. Si vous avez le JR Pass (pass pour avoir les trains du réseau JR (Japan Rail) illimités pendant 1, 2 ou 3 semaines), votre trajet ne sera couvert que jusqu'à Otsuki. Pour la dernière partie il faudra payer 1140 ¥‎ par personne (prix 2016, environ 10 €).
Une fois à Kawaguchiko, encore une fois, les possibilités diffèrent. Si vous y êtes pendant la saison officielle, les navettes qui vous conduisent à la 5ème Station de la Subaru Line vous seront très utiles. La première arrive à 7h35 et la dernière repart à 20h40. Ce qui vous laisse 13h05 pour faire votre ascension. Et vous pouvez même arriver la veille et dormir à la 5ème Station, ou encore débuter votre ascension et dormir dans l'une des nombreuses huttes qui jalonnent la montée pour couper l'effort en deux.
Mais, si vous vous y prenez en hors-saison, soyez bien conscient de la difficulté qui vous attend ! Les navettes qui vont de Kawaguchiko à la 5ème Station de la Subaru Line ne vous déposeront au plus tôt qu'à 9h45 pour repartir au plus tard à 16h20, ce qui ne vous laissera que 6h45. En adoptant une allure de trail, l'exploit est réalisable, à condition qu'il n'y ait pas trop de neige, que vous ne fassiez que très peu de photos et que vous n'ayez pas le moindre imprévu. Il ne faudra pas faire de pause non plus et enfin il vous faudra probablement faire une croix sur le tour du cratère. Vous pouvez également partir la veille et dormir dans l'un des hôtels de la 5ème Station de la Subaru Line, mais la dernière navette vous déposant à 15h55, la fin de la journée risque d'être longue dans ce lieu isolé où il n'y a pas grand chose à faire ... N'imaginez pas dormir dans l'une des huttes durant cette période : elles sont toutes fermées. Vous l'aurez compris, à cette période, mieux vaut aller à la 5ème Station de la Subaru Line en voiture. Si le taxi peut-être pratique à l'aller, il me semble difficile de prévoire l'heure du retour à l'avance pour le réserver. La meilleure option est donc de louer une voiture. Si l'on fait ainsi, il faut s'y prendre longtemps à l'avance. J'explique pourquoi et comment s'y prendre dans la partie suivante.
Si l'on concidère maintenant que vous avez une voiture pour vous déplacer librement, l'ascension du Mont Fuji devient tout ce qu'il y a de plus "simple", une randonnée comme les autres en matière de logistique. Seul petit point à savoir, les 23 derniers kilomètres de la route sont payants (2060 ¥‎ en 2016, soit environ 17 €) et la route ferme la nuit (durant la majeur partie de la période officielle, la route est fermée aux voitures 24h/24). Le matin on ne peut monter qu'à partir de 3h00 et le soir il faut avoir passé la barrière avant 21h00 (horaires uniquement valables en Juin, renseignez-vous bien sur place ou sur la page officielle de la Subaru Line : il faut lire le tableau de la façon suivante : "heure d'ouverture pour monter" ~ "heure de fermeture pour monter" ("heure de fermeture pour descendre") en fonction des mois), donc être parti de la 5ème Station avant 20h30. N'espérez pas faire un chrono dans la descente en voiture : des animaux sortent de partout et traversent la route n'importe comment. Je ne roulais pas vite du tout et j'ai quand même failli tamponner une biche qui a jailli de nulle part. Notre petite Toyota Porte s'est magnifiquement mise à déraper lors du freinage alors que la route n'était même pas humide. Pendant la fin de la descente, plusieurs autres animaux ont testé mes réflexes ...
La gare de Kawaguchiko. On remarque les cônes "Mont Fuji" sur la droite.
En gare de Kawaguchiko, un train décoré de Monts Fuji de plein de formes différentes, dont un PQ (ah le Japon ...).
Louer une voiture
Le permis de conduire français n'étant pas un permis international, ce dernier n'a aucune valeur au Japon. Cependant, il est tout de même possible de louer une voiture si l'on dispose d'une traduction certifiée en japonais du permis français. Et parmi toutes les démarches pour se rendre au Mont Fuji, c'est bien celle-ci la plus compliquée ! La traduction ne peut se faire qu'au Japon et les permis traduits ne sont pas envoyés à l'international. Il est donc nécessaire de le faire faire sur place, ou si vous avez un contact au Japon, vous pouvez lui transmettre les documents et la traduction lui sera envoyée. Il pourra alors vous la faire suivre en France. Attention cependant aux délais postaux. Faites les démarches au moins un mois à l'avance, voire deux pour être sereins. La traduction coûte 3000 ¥, soit environ 24 €. Si vous faites faire la traduction sur place, il vous faudra vous rendre dans l'un des bureaux de la JAF (Japan Automobile Federation). En fonction de la langue, les délais vont du jour même à 2 semaines. Etant passé par une connaissance au Japon (que je remercie grandement d'ailleurs !), je ne connais pas les délais de traduction pour un permis français, mais j'imagine qu'il ne doit pas faire partie des plus longs à traduire. Enfin, si vous ne voulez pas avoir à vous occuper de quoi que ce soit (ce qui est probablement l'option la plus simple), faites simplement une demande sur un site spécialisé comme Vivre le Japon par exemple. Vous paierez plus cher (65 €), mais au moins tout sera bien fait, en temps et en heure.
Une fois la traduction certifiée en poche (accompagnée du vrai permis), il est enfin possible de louer une voiture ! Pour ma part, j'ai été très satisfait du "Toyota Rent A Car" à Kawaguchiko : que ce soit au téléphone ou sur place, le personnel parle très bien anglais (bien mieux que moi ...) et l'agence est à deux pas de la gare.
La Toyota Porte qui nous a emmenés à la 5ème Station de la Subaru Line. Juste derrière, on voit le "Toyota Rent A Car".
Première approche
Si les préparatifs pour l'ascension peuvent être prise de tête, l'itinéraire a le mérite d'être on ne peut plus simple ! Au départ de la 5ème Station de la Subaru Line, on va rejoindre Yoshida Trail par une grande piste qui traverse le versant Nord-Est du Mont Fuji. On va ensuite monter jusqu'au cratère, en faire le tour, puis redescendre par le même itinéraire qu'à la montée.
Le Mont Fuji vu depuis la 5ème Station de la Subaru Line.
Itinéraire à suivre
Bon cette fois c'est parti ! Après une bonne nuit dans un hôtel sur les rives du Lac Kawaguchi, on se réveille aux aurores, avec au petit déjeuner une gâteau Mont Fuji de circonstances.
Un gâteau qui tombe à point nommé !
On se rend ensuite à la 5ème Station de la Subaru Line, pour notre part avec notre petite Toyota Porte.
Arrivée à la 5ème Station de la Subaru Line.
Une statue d'alpinistes japonais à la 5ème Station de la Subaru Line.
Au départ, on nous interdit de passer avant d'avoir rempli le formulaire pour la police de Yamanashi. Comme nous l'avons déjà rempli, nous pouvons passer. Ouf ! L'itinéraire commence donc sur une large piste en terre qui rejoint la voie Yoshida. Sur cette piste, nous avons rencontré un groupe de japonais qui eux s'apprêtaient à faire le tour du Mont Fuji. L'un d'entre eux qui aimait beaucoup la montagne nous a dit qu'il était déjà venu en France pour gravir le Mont Blanc. Pour moi, en Juin 2016 ce n'était pas encore chose faite, mais c'est l'un de mes projets pour l'été 2017. Espérons qu'il se concrétisera ...
La piste pour se rendre sur la voie Yoshida, au départ de la 5ème Station de la Subaru Line. C'est l'homme en rouge qui avait déjà fait le Mont Blanc.
Au bout d'un peu plus d'un kilomètre, on arrive à une bifurcation. En théorie il faudrait quitter la piste pour prendre le chemin de droite qui monte directement à la 6ème Station de la voie Yoshida. Mais, quand nous sommes passés, des barrières en interdisaient l'accès. Le respect des règles étant bien plus rigoureux au Japon, nous avons donc continué sur la piste en direction de la hutte Satogoya, pour rejoindre la voie Yoshida à ce point. Après coup, nous nous sommes en fait rendu compte que le groupe de japonais avait gaiement enjambé ces barrières ... Tant pis, le détour ne prend qu'une dizaine de minutes en plus.
Le lieu où le chemin qui rejoint la voie Yoshida quitte la piste. On voit les barrières à droite.
Plan à l'endroit où le chemin était bloqué par les barrières. Plutôt que d'aller à la 6ème Station directement, nous sommes passés par la hutte Satogoya.
Nous avons donc continué sur la piste vers la hutte Satogoya.
Arrivée à la hutte Satogoya, à gauche de l'image.
A la hutte Satogoya, on quitte la piste et on s'engage sur un petit chemin par lequel va commencer notre ascension du Mont Fuji. Quelques dizaines de mètres après Satogoya, on arrive à la hutte Seikanso, puis rapidement après c'est devant un petit monument religieux que l'on passe.
La hutte Seikanso, juste après la hutte Satogoya.
Le monument religieux après la hutte Seikanso.
La montée sur le petit chemin se poursuit encore un peu après le monument religieux, puis on arrive à la 6ème Station de la voie Yoshida, où le chemin s'élargit à nouveau. C'est la que nous serions arrivés si nous étions passé par le chemin bloqué par les barrières.
Arrivée à la 6ème Station de la voie Yoshioda.
Lors de notre montée, les nuages cachaient le sommet, mais derrière nous, le paysage était dégagé.
Vue sur le Lac Yamanaka et les Alpes Japonaises en arrivant à la 6ème Station.
Une fois la 6ème Station passée (vers 2400 m), on continue sur un chemin sur-aménagé en direction de la 7ème Station qui se situe aux alentours de 2800 m. Les stations n'étant en fait pas constituées d'un bâtiment mais de plusieurs, elle sont étalées sur de grandes plages d'altitudes et on peut avoir du mal à savoir quand finit l'une et quand commence l'autre.
Arrivée à la 7ème Station. On voit le chemin aménégé et sécurisé par les gros blocs métalliques. En haut on voit le rebord du cratère, environ 1000 mètres de dénivelé plus haut (la photo a en fait été prise à la redescente, à la montée on n'y voyait rien avec les nuages).
Par moment le large chemin laisse place à des passages plutôt surprenants, complètement biscornus et où il faut s'aider des mains pour passer.
L'une des portions tortueuses du chemin, qui arrivent de façon inattendue après de longs passages sur un itinéraire sur-aménagé.
Vers 2850 mètres d'altitude, on passe sous un torii en arrivant à l'une des huttes de la 7ème Station. Ensuite, les portions tortueuses reprennent !
Le torii de l'une des huttes de la 7ème Station.
Une autre portion de chemin dans les rochers (et les nuages).
L'ascension continue encore et encore, de hutte en hutte, de station en station ...
Une des huttes, vers 3000 mètres d'altitude. En voyant tout ce chemin désert, je me dit que l'ambiance doit être radicalement différente en pleine saison, avec les milliers de touristes qui envahissent les pentes du Fuji et les huttes ouvertes pour vous vendre des souvenirs ou des équipements plus ou moins inutiles (tels que des bouteilles d'oxygène !).
On passe encore sous un torii en arrivant à la 8ème Station.
Vers 3350 mètres d'altitudes, nous avons décidé de faire notre pause repas, ce qui fut une bonne chose puisque les nuages en ont profités pour disparaître d'un coup.
Arrivée une hutte vers 3350 mètres d'altitude (il me semble que c'est celle qui est appelée "Ancienne 8ème Station" sur certains plans).
Un bon petit plat tout prêt acheté au 7-Eleven, pour pas trop cher : 360 ¥ soit un peu moins de 3 €. Au Japon on mange relativement bien à bas prix, par contre moi qui avait l'habitude des sandwichs en randos, dans le pays du Soleil levant j'ai dû faire une croix dessus. Même si la nourriture est très différente, il est difficile de ne pas trouver quelque chose à son goût. Et puis sur ce plat il y a un petit Mont Fuji ! C'est forcément le plus adapté à la situation !
La vue s'est dégagée en quelques secondes.
Après un bon repas japonais, on reprend l'itinéraire en direction du cratère. Et pour changer on va ... monter !
Reprise de l'ascension sur le chemin, toujours aussi désert. En haut, c'est le bord du cratère que l'on voit.
En ce 8 Juin 2016, en arrivant vers la 9ème Station, la neige se faisait de plus en plus présente.
Sur la fin, de longs passages étaient à parcourir dans la neige (sans nécessiter de mettre les crampons).
Vient alors le moment où l'on arrive à deux lions de part et d'autre du chemin, suivis d'un torii. Ca y est ! On atteint enfin le cratère du Mont Fuji ! Au pied du torii (tout comme les autres toriis durant la montée d'ailleurs), il semble qu'il soit coutume de déposer une petite pièce. La majorité sont des pièces de 1 ¥ (0,8 centime d'Euro), mais certains sont plus généreux (500 ¥, soit environ 4 €). On trouve également des monnaies étrangères, dont une quantité non négligeable d'Euros.
Passage sous le "torii final". En le franchissant on ressent comme le sentiment d'avoir fait quelque chose de "grand".
Arrivée à la 10ème Station de la voie Yoshida, sur le cratère du Mont Fuji (pas d'inquiétude : sa dernière éruption remonte à 1707 - 1708 et il est aujourd'hui sous très haute surveillance).
Une fois au bord du cratère, on entame la meilleure partie de l'itinéraire : le tour du cratère. Dans le sens horaire, on a l'avantage de terminer par le Pic Kengamine, point culminant du Mont Fuji, à 3776 mètres. Nous l'avons donc fait dans ce sens. En marchant, les roches nous rappellent bien que nous sommes sur un volcan.
Un morceau de lave solidifiée, rencontré en marchant autour du cratère.
Vue sur le Pic Kengamine, point culminant du Mont Fuji, peu de temps après avoir commencé le tour du cratère. Il est encore sous la neige de ce côté.
Pendant que l'on fait le tour du cratère, on passe alternativement "côté cratère" et "côté flanc de montagne". On peut ainsi voir l'intérieur du cratère et la vue sur la plaine. Avec la météo, nous avons juste vu une mer de nuages en dessous de nous.
Suite du tour du cratère du Mont Fuji. On est bien au-dessus des nuages.
Après avoir fait un peu plus de la moitié du tour du cratère, on arrive à d'autres huttes : c'est l'arrivée des voies Gotemba et Fujinomiya. Le Pic Kengamine est alors tout proche ! Quand nous sommes passés, des engins s'affairaient pour préparer le chemin pour l'été.
L'arrivée des voies Gotemba et Fujinomiya.
Vue sur le cratère depuis l'arrivée des voies Gotemba et Fujinomiya.
Préparation du chemin pour la saison, au sommet des voies Gotemba et Fujinomiya.
Au pied du Pic Kengamine, point culminant du Mont Fuji, à 3776 mètres d'altitude.
La montée finale est assez raide mais courte. Un dernier petit effort ascendant nous conduit donc rapidement au sommet.
Arrivée au sommet du Mont Fuji.
Au sommet du Mont Fuji se trouve une station météo, on ne peut donc pas voir la plaine. En revanche, on a une superbe vue sur le cratère.
Le sommet du Mont Fuji, sur le Pic Kengamine, à 3776 mètres d'altitude.
En ce point, on est plus haut que toute personne sur le sol japonais !
Le cratère principal (nommé Dainai-in), vu depuis le sommet. On voit bien les teintes rouges et jaunes de la roche.
Seuls au sommet du Fuji, un vrai luxe (que l'on a su savourer pleinement).
Après avoir bien profité de ce lieu mythique, on continue notre tour du cratère pour revenir en haut de la voie Yoshida. En chemin on va passer à côté du cratère secondaire, beacoup plus petit, nommé Shonai-in.
Redescente du Pic Kengamine. Le cratère Shonai-in se trouve au pied du dôme sombre sur la droite de la photo.
En regardant en arrière sur la gauche en redescendant le Pic Kengamine, on voit la Baie de Suruga. Sur cette photo ce n'est pas flagrant à cause de la météo, mais on arrive quand même à deviner la limite terre / mer.
Le chemin entre le Pic Kengamine et le cratère Shonai-in est magnifique. L'environnement est vraiment volcanique.
En arrivant au Shonai-in, on se trouve juste au-dessus de la falaise du Dainai-in, le cratère principal.
Shonai-in, le petit cratère. A cet endroit, on est entre les deux cratères (même si en ce qui concerne la taille, celui-ci est insignifiant par rapport à l'autre).
Le tour du cratère du Mont Fuji est presque terminé, on profite donc jusqu'au bout de la vue avant de revenir à la 10ème Station de la voie Yoshida.
Dernier regard sur le cratère principal, avant de revenir à la 10ème Station de la voie Yoshida.
Retour à la 10ème Station de la voie Yoshida.
Voilà, le tour du cratère est fini, il faut maintenant redescendre "sur terre". Sur les plans il existe un chemin de descente différent de celui de la montée, mais avec toute cette neige nous avons préféré redescendre par le seul itinéraire visible : celui par lequel on est arrivé. On va donc repasser par toutes les stations de la voie Yshida, jusqu'à revenir à la piste qui ramène à la 5ème Station de la Subaru Line.
Mer de nuages en attaquant la redescente du Mont Fuji.
Début de la redescente du Mont Fuji.
Retour à la 8,5ème Station (comme elle est appelée sur certaines cartes), vers 3450 mètres d'altitude.
Redescente vers la 8ème Station.
Avec les nuages en dessous et aucune autre montagne qui ne dépasse, on a le sentiment de dominer le monde.
Regard en direction du cratère après avoir passé la 8ème Station.
Comme à la montée, il faut rester attentif dans les passages chaotiques, même s'il ne sont pas réellement dangereux.
Un des passages où il faut un peu s'aider des mains.
La descente continue, continue, continue ...
Retour à la 7ème Station, et également retour dans les nuages.
Redescente vers la 6ème Station, sur le chemin "trop aménagé".
Vue sur la 5ème Station de la Subaru Line (sur l'avancée horizontale en bas à gauche). Le nuage rencontré vers la 7ème Station était passé.
Redescente vers la hutte Satogoya.
Une fois de retour à la hutte Satogoya, on regagne la piste qui mène à la 5ème Station de la Subaru Line. On est alors presque rentré.
De retour sur la piste qui ramène à la 5ème Station de la Subaru Line.
La fin de la piste en direction de la 5ème Station de la Subaru Line.
De retour à la 5ème Station de la Subaru Line, nous sommes tombés sur des barrières qui empêchaient l'accès (pour la nuit) au chemin duquel nous venions. Etant au Japon, nous avons brièvement hésité à les enjamber. Chose tout à fait stupide, nous n'allions tout de même pas dormir par terre en attendant le lendemain matin ...
Le chemin barré au retour à la 5ème Station de la Subaru Line.
Nous voilà donc de retour au parking de la 5ème Station de la Subaru Line. Lors de notre passage, les nuages étaient finalement passés et le Mont Fuji était entièrement visible.
Vue sur le Mont Fuji depuis le parking de la 5ème Station de la Subaru Line, tout dégagé, comme s'il s'offrait en cadeau d'au revoir.
Voilà, c'est fini. Il faut maintenant redescendre la Subaru Line pour rejoindre le reste du Japon. Encore une fois, en hors saison, on est "seuls" sur le parking, les quelques voitures présentent le matin étaient toutes reparties. Il ne restait en fait plus qu'un policier, qui attendait que l'on reparte pour s'assurer que plus personne n'était présent sur place.
De retour à notre petite Toyota Porte sur le parking de la 5ème Station de la Subaru Line.
Et voilà, cette excursion sur le Mont Fuji est maintenant finie. Bien que ça ai été pour moi le clou de mon séjour au Japon, cet étonnant pays ne se résume pas qu'à ça, et loin de là. C'est pourquoi, avant de vous laisser, je tiens à vous en dire un peu plus sur cette destination.
Quelques mots sur le Japon
Contrairement à beauoup de personnes de ma génération, le Japon ne m'attirait pas pour sa culture "geek mangas sushis". N'ayant jamais beaucoup voyagé à l'étranger, le fait que ce pays soit à la fois géographiquement éloigné et en même temps culturellement assez décalé, c'est plutôt cela qui me faisait envie.
Là-bas j'ai ainsi pu découvrir un immense trésor culturel, en particulier au niveau des monuments historiques : le Japon possède un nombre incalculable de temples et de châteaux. Et au pays du Soleil levant, ces monuments se visitent pieds nus !
Le sanctuaire des 10000 torii, aussi appelé Fushimi Inari Taisha, à Kyoto.
Le château de Nijō (ou Nijō-jō), à Kyoto.
Une des portes du temple Nanzen-ji, à Kyoto.
La tour Yasaka, à Kyoto.
Il y a également des bâtiments beaucoup plus récents qui sont eux aussi sont à voir "absolument".
C'est le cas de la Tokyo Sky Tree, tour de 634 mètres de haut (environ 2 fois la Tour Eiffel). En bas à gauche on voit également l'Asahi Flame.
Depuis la Tokyo Sky Tree, on a l'impression de voler au-dessus de Tokyo.
Pour avoir pas mal arpenté Tokyo à pied, j'ai trouvé que la ville était bien loin de l'image que l'on aime bien lui donner en France : celle d'une ville extrêmement dense, opressante, totalement déshumanisée. Dans la majorité des quartiers, les immeubles ne dépassents pas 3 ou 4 étages et les rues sont loin d'être aussi embouteillées qu'à Paris (les coups de klaxon y sont d'ailleurs très rares). Après, il y a bien évidement des coins qui fourmillents plus que d'autres, comme le fameux Shibuya Crossing que l'on voit partout dès que l'on parle de Japon. C'est impressionnant de voir comment en quelques secondes la marée humaine est capable de se dissiper pour laisser place aux voitures.
Le carrefour de Shibuya à l'heure de pointe. Contrairement à chez nous, les gros carrefours japoinais ont un temps réservé aux pietons. Quand les voitures passent, tous les feux pietons sont rouges, puis quand vient le temps des pietons, on peut traverser dans n'importe quelle direction, même en diagonale.
Le Japon se caractérise également par des traditions culinaires très différentes. Le sucré est un goût presque inexistant dans cette cuisine et on y mange majoritairement du poisson, très peu de viande. Le petit déjeuner n'échappe pas à la règle. Au début c'est assez marrant, mais au bout de 10 jours, le maquereau bien odorant passe plutôt mal au réveil ... Heureusement, certains hôtels ont pitié de nous et il y a également des nuggets de poulet avec du ketchup ! Oui oui, je parle toujours sur le petit déjeuner là ... Sinon pour les autres repas, il faut bien évidemment tester les sushis (entre autres), qui contrairement à chez nous, sont constitués de plus de poisson que de riz.
A droite des sushis au thon rouge et à gauche un maki (ou autre, je suis loin d'être un spécialiste) surmonté d'un petit tas de ce qui semblait être des alevins.
Une autre curiosité du Japon est son réseau ferroviaire. Le pays est très bien desservi par les gares et les japonais y accordent une grande importance. La ponctualité des trains est elle aussi remarquable : ils arrivent toujours précisément à la minute prévue. Le Shinkansen (TGV japonais) permet de traverser le pays rapidement et est à mon sens moins contraignant que le TGV. Par exemple entre Tokyo et Kyoto, il y a un train qui part toutes les 15 minutes et il suffit d'acheter son billet juste avant de monter dedans, comme on prendrait un ticket de métro.
Un Shinkansen série N700 en gare de Kyoto.
Sur place, il faut également tester les hôtels capsules. L'expérience d'une nuit dans son "petit casier" est au final plutôt agréable.
Un pièce à capsules dans un hôtel capsules. Nous avions des capsules de luxe avec télévision. Au passage, l'image que nous avons de la de la télévision japonaise n'est pas un cliché : leurs jeux télévisés sont incompréhensibles, tout clignotte, tout le monde pousse des cris et des évenements improbables se passent en permanence, comme par exemple un canard déguisé en ours (oui oui) qui traverse l'écran alors que l'un des candidats parle de quelque chose qui a l'air sérieux.
Enfin, pour finir, je voudrais parler de tous ces petits objets de la vie courante, que les japonais aiment bien rendre "kawaï" (plus ou moins rendre "mignon" en français). Cela va du simple cône de signalisation décoré en Mont Fuji, au sac à dos Pikachu porté de la façon la plus naturelle qu'il soit par un adulte allant travailler. Au Japon, les petits objets excentriques sont vraiment partout.
Des cônes de signalisation Mont Fuji.
Je finis cette page avec un souvenir obligatoire une fois que l'on a gravi le Mont Fuji, la peluche Mont Fuji !
Et oui, le Mont Fuji aussi a le droit à son petit objet mignon. En version homme et femme en plus !
Profil altimétrique
Tracé de la rando
Informations rando
Durée
9h 22min
Distance
17.87 km
Dénivelé
1765 m
Altitude max
3776 m
Altitude min
2233 m
Massif
Autre
Engagement
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Exposition
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Niveau physique
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En famille
NON
Restrictions
Hors de la période officielle, bien préparer son ascension. Reportez-vous au petit guide explicatif avant la description de l'itinéraire.